QUELLES SONT LES LIMITES DE NOS PRÉJUGÉS ?

Par Jean-Marie Mondésir

Le discours méprisant de certaines personnalités politiques face à la candidature de M. Jovenel Moïse démontre comment les gens du pays sont nourris de préjugés et de discriminations à l’endroit de cet entrepreneur novice en politique. Il représente les intérêts du parti présidentiel au processus électoral du 25 octobre 2015. On lui donne tous les noms inimaginables : nèg banann, zo mangay, tèt zo, abitan nèg nwè! dans le but de lui signifier qu’il vient de la campagne. En un mot, il ne doit pas s’immiscer dans la vie politique de son pays. L’histoire pourra dire le contraire …

Il est important de ne pas minimiser le candidat présidentiel Jovenel Moïse, car c’est un citoyen qui connaît bien la réalité du secteur paysan. Il a déjà fait ses preuves en tant que bon gestionnaire d’une société qui investit dans la filière bananière. Il n’est pas un imbécile qu’on peut traîner dans la boue comme on a l’habitude de faire à nos dirigeants indignes. M. Jovenel Moïse a permis à la nation haïtienne de se tailler une place au niveau de l’exploitation de la filière bananière. En tant que fils de la paysannerie, il est inapproprié de traiter un entrepreneur qui redonne la force aux producteurs du milieu d’espérer à un lendemain meilleur.

Il est temps de cesser tout discours stérile qui tend à diviser le secteur paysan aux autres secteurs de la vie nationale. L’Etat haïtien a grand besoin d’un technicien pour relever le niveau socioéconomique de la population pauvre. Les politiciens qui travaillent à la solde de la communauté internationale ne sont pas en mesure de renverser les conditions misérables de la masse défavorisée.
 
En réalité, le clan Martelly profite des réalisations de M. Jovenel Moïse pour se faire un capital politique. S’il bénéficie des mécanismes et du support de l’équipe au pouvoir cela ne veut pas dire qu’il sera une marionnette au service des gens corrompus du clan Martelly. M. Jovenel Moïse profite de la popularité du président actuel et de la machine gouvernementale qui sont à sa disposition. Il s’agit bien d’une pratique politique largement répandue en Haïti. C’était le cas en 2010 sous le règne du Président Preval qui faisait tout pour imposer la candidature de Jude Celestin. C’est la réalité politique de chez nous, celui qui est au pouvoir a tendance à favoriser son équipe de manière à assurer la continuité de la corruption et le gaspillage des maigres ressources de l’Etat.

En tout cas, c’est le peuple qui déterminera le vainqueur au 2ème tour prévu le 27 décembre. Il est le seul à pouvoir décider de celui qui aura le mandat de devenir le premier citoyen de la République. On ne comprend pas les réactions de certains candidats présidentiels qui n’ont jamais eu d’organisations structurées sur l’ensemble du territoire. Ils pensaient pouvoir gagner les élections générales sous l’auspice d’un plateforme politique qui ne possède aucune assise ni représentation sur l’ensemble du territoire.

Pourrait-on parler de loyauté des candidats représentant la bannière d’un parti qui n’offrait aucun support financier sur le terrain? C’est le candidat qui doit s’endetter pour répondre aux exigences de son parti sur la scène locale et régionale. Dans ce contexte, les paris sont ouverts aux plus offrants. Faudrait-il défendre les intérêts d’un parti ou d’un groupement politique qui ne fournit aucune assistance aux candidats locaux se présentant sur leur bannière? Il est difficile de parler de loyauté envers un parti opportuniste qui cherche à accaparer le pouvoir pour satisfaire les ambitions de ses dirigeants.

À notre avis, c’est le point qui doit guider toute analyse d’une particule politique qui souhaite briguer des postes électifs à l’échelle nationale. Les candidats malheureux qui refusent de reconnaître leur maigre score enregistré lors des élections générales ne doivent pas paralyser le pays en commettant des actes de violence. Avec 58 candidats à la course présidentielle et une faible participation populaire que pourrait-on espérer d’autres. Dans une société démocratique, on ne peut pas tolérer qu’un problème puisse être résolu par la violence. La police devra intervenir pour assurer la sécurité des citoyens et protéger des vies et des biens de la population.

Il est inacceptable de constater la violence des partisans de certains candidats malheureux après avoir pris connaissance du résultat de leur score minable obtenu sur l’ensemble du territoire. Le résultat fourni par le conseil électoral provisoire était prévisible, car le peuple ne fait plus confiance aux vieux partis politiques sans fondements idéologiques.

Il préfère voter pour des novices qui n’ont aucune connexion avec la classe politique actuelle. Le score déplorable de certains candidats à la présidence donnent le dégoût aux gens sérieux de faire de la politique active dans ce pays. Il s’agit bien d’une gaguerre qui attire les gens sans scrupules cherchant à accaparer le pouvoir pour s’enrichir au détriment de la masse défavorisée.

Jean-Marie Mondesir
Juriste haïtien
Spécialiste en droit civil
Éditeur de
 magazine.port-salut.org

http://www.facebook.com/psmagazine

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