UNE PAGE TRISTE DE NOTRE HISTOIRE NATIONALE

Il est important de prendre le temps de regarder l’histoire politique de la première république noire indépendante des colons français pour tenter de comprendre sa pauvreté endémique…

L’ancien dictateur Jean-Claude Duvalier a laissé Haïti le 7 février 1986 après un soulèvement populaire sur l’ensemble du territoire national. Durant son règne, les tontons macoutes qui étaient un corps de milices ont sauvagement persécuté ses opposants politiques. Les conditions socio-économiques des citoyens étaient très difficiles. Plusieurs années après le renversement de cette dictature sanguinaire, le pays a connu des périodes d’instabilité politique. De différents régimes ont succédé au pouvoir et les conditions socio-économiques de la population ne s’étaient pas améliorées.
Il a fallu attendre l’élection d’un président élu démocratiquement le 16 décembre 1990 pour que le peuple aspire au pouvoir politique. L’élection de l’ancien prêtre Jean-Bertrand Aristide n’a pas duré longtemps à peine sept mois. L’élite économique formant la bourgeoisie qui constitue les 10% de la population de concert avec les hauts gradés des forces armées ont fomenté un coup d’état militaire. La masse populaire a connu une répression très sévère de certains officiers des forces armées et d’un groupe paramilitaire dénommé FRAPH.

À la suite du renversement d’un régime démocratique, Haiti a connu une période tumultueuse et difficile. Sur demande de l’ancien président élu, les Nations-Unies ont imposé un blocus commercial au pays de manière à forcer les militaires à quitter le pouvoir. Ces militaires ont résisté à cet embargo économique pendant 3 ans et 8 mois du fait que le président dominicain de l’époque facilitait au régime militaire l’approvisionnement des biens et services. L’instabilité politique en Haïti a permis à la République dominicaine de s’enrichir honteusement sur le dos des Haïtiens.

L’absence de production nationale, l’augmentation de la contrebande et l’accroissement du taux du chômage ont constitué un cocktail explosif pour l’effondrement de l’économie haitienne.
Ce coup d’état militaire a détruit considérablement sur le plan socio-économique et même politico-culturel notre chère Haïti. La production agricole est délaissée au profit de la république voisine. Et, on importe presque tout de l’état voisin à cause de l’exploitation de notre main-d’oeuvre à bas prix qu’on n’a pas su valoriser par manque de vision politique. De nos jours, la structure politique du pays est en faillite avec 255 organisations politiques sans fondements idéologiques enregistrées au ministère de la justice.

La corruption s’érige en culture dans toutes les sphères de l’administration publique et les citoyens sont devenus plus pauvres. Nos jeunes travailleurs et universitaires fuient le pays par milliers au quotidien, ils partent vers l’inconnu dans des conditions difficiles à la recherche d’un mieux-être. Et, personne ne se préoccupe pas de l’état lamentable de la nation et tous ceux qui sont au pouvoir ne font que gaspiller les maigres ressources du pays. Ça va mal pour la nation haïtienne, seule la solidarité citoyenne de la diaspora avec les acteurs locaux peuvent changer l’ordre des choses dans ce pays créateur d’histoires.

Jean-Marie Mondésir
Juriste haïtien | Spécialiste en droit civil
Maître en sciences de développement
Éditeur http://magazine.port- salut.org

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