LES FÊTES DE PÂQUES SONT-ELLES TROP DISPENDIEUSES POUR LE TRÉSOR PUBLIC?

UNE FIN DE SEMAINE DE PÂQUES DES PARLEMENTAIRES COÛTE AU TRÉSOR PUBLIC 87.000.000 GOURDES …

Chaque citoyen a le droit de s’indigner et de s’interroger sur le gaspillage des fonds du trésor public par les parlementaires qui ont la mission de contrôler les dépenses du pouvoir exécutif. Il est bon de se demander : quels sont les mécanismes mis en place pour assurer une saine gestion de cette prétendue subvention gouvernementale. Il est indécent et même inconcevable de confier une très forte somme d’argent aux sénateurs et députés du Parlement alors que les autorités des collectivités territoriales qui sont des agents de développement ne sont pas dotés du financement raisonnable pour répondre aux besoins criants des citoyens résidant dans leur espace géographique.

Comment peut-on oser demander de l’aide à des pays amis de la communauté internationale pour renflouer le budget national alors que les autorités du pouvoir central ne prennent pas des mesures coercitives pour freiner le gaspillage des fonds publics et diminuer la corruption au sein de l’administration publique? Comment peut-on justifier la distribution de 87.000.000 gourdes pendant la fin de semaine pascale à des parlementaires corrompus qui exercent beaucoup de pressions sur le pouvoir exécutif?

On doit s’interroger sur la volonté du chef de l’Etat de combattre la corruption pendant qu’il sait très bien les blocs parlementaires et alliés qui soutiennent son régime sont des acteurs incontestables de la corruption. La stratégie gouvernementale de constituer en caravane dans un secteur géographique déterminé le travail de certains ministères (travaux publics, agriculture, environnement et planification) pourrait apporter de très bons résultats s’il n’y avait pas des entremetteurs et des firmes bidons ayant de connivence avec les membres du Parlement. Cependant, la mainmise des sénateurs et des députés proches alliés du régime Moïse/Lafontant ne permettent à la caravane présidentielle d’atteindre son objectif dans la réalité.

Dans un contexte socio-économique difficile où la production nationale est au plus bas niveau, les recettes fiscales ne sont pas suffisantes pour répondre à l’ensemble des obligations constitutionnelles, il est difficile de comprendre le choix du gouvernement de subventionner les organisations politiques qui ne contribuent pas à l’implantation de la démocratie en Haïti. La subvention gouvernementale serait légitime dans la mesure où l’on établirait des mécanismes de contrôle des fonds du trésor public.

Il est inadmissible d’offrir des subventions à 255 organisations politiques sans fondements idéologiques qui sont dépourvues de représentants (national, régional et municipal) même au Parlement ni dans les collectivités. Il serait préférable d’imposer des mécanismes de contrôle à des pseudo partis politiques en les obligeant à s’enregistrer chaque année et en les exigeant de rendre des comptes de leurs activités pour mériter une subvention gouvernementale.

Dans un pays où le taux de chômage atteint son paroxysme, les jeunes universitaires fuient leur communauté pour se réfugier dans les centres urbains lorsqu’ils ne décident pas de se faire humilier au Chili, au Brésil, en République Dominicaine, etc. Ils partent vers l’inconnu à l’étranger à la recherche d’un mieux-être afin d’améliorer les conditions socio-économiques de leurs familles. Il est important que l’Etat envisage de prendre des mesures concrètes pour tenter de diminuer les effets de la corruption, de réduire le chômage, d’augmenter la production nationale et de surveiller la frontière haïtiano-dominicaine afin de résorber le phénomène de la contrebande qui cause beaucoup de préjudices à l’économie.

Nos dirigeants ont à la responsabilité d’assurer une saine gestion des maigres ressources de l’Etat. S’ils continuent de gaspiller les fonds publics en fournissant des subventions de 87.000.000 gourdes aux parlementaires qui ne sont pas des agents de développement pendant les cinq périodes de l’année (Noël, Pâques, fêtes champêtres, carnaval et ouverture des classes). Ce sont les autorités des collectivités territoriales qui vont devoir bloquer le pays de manière à pouvoir trouver du financement des fonds communaux détournés par le gouvernement pour renflouer la caisse du budget des parlementaires.

Il est important de noter ceux et celles qui sont à la chambre législative ne font que défendent leurs poches au détriment des intérêts de la population défavorisée. Il est bon de se demander qui contrôle le budget du Parlement? Il est important de ne pas oublier qu’un jour tout le monde doit rendre des comptes de sa gestion des fonds publics ou des biens d’autrui dans une démocratie.

Jean-Marie Mondésir

Juriste haïtien | Spécialiste en droit civil

Maitre en sciences du développement

Citoyen de Dumont|Port-Salut

Magazine.port-salut.org

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