QUI AURAIT INTÉRÊT À COMMANDITER LE MASSACRE DES GENS DE LA SALINE?

Le massacre des gens de la Saline par des gangs armés ne peut pas être l’œuvre du régime de Jovenel Moïse pour plusieurs raisons. Dans un contexte de fragilité économique, il est important de chercher ailleurs à identifier le secteur politique qui veut affaiblir le pouvoir afin de contraindre le chef de l’Etat à démissionner de ses fonctions.

Le massacre de la Saline est un coup bien monté par un secteur bien organisé qui vise à créer de l’instabilité politique dans le but de discréditer l’administration de Moïse/Ceant.

Il est important de comprendre que l’exercice du pouvoir en Haïti n’est pas une mince affaire. L’ancien président Jean-Bertrand Aristide est la personne la mieux avisée pour expliquer l’imbroglio du contrôle du pouvoir politique haïtien. Ce pays est truffé de gens corrompus qui côtoient les dirigeants de l’exécutif et pratiquent la corruption et la lutte d’influence. Faire de la politique en Haïti est synonyme de puissance et de richesse. La famille de la majorité des politiciens haïtiens vit à l’étranger et ils sont tous de passage sans affinité avec la misère réelle du peuple.

Les gens d’affaires haïtiens n’hésitent pas à financer certains dirigeants politiques pour créer un climat de chaos afin de pouvoir exploiter les ressources du pays. Cependant, ils refusent d’investir pour créer de l’emploi et payer les impôts sur le revenu de manière à permettre aux autorités de collecter de taxes pour en faire une meilleure redistribution aux gens défavorisés de l’arrière pays.

Le secteur d’affaires cherche toujours à obtenir le monopole sur l’importation des biens de consommation de manière à s’enrichir davantage au détriment des plus déshérités du milieu populaire. Ils ne se préoccupent pas du chômage et la cherté de la vie pour encourager la production locale et accroître l’économie nationale.

Les images véhiculées dans les médias sociaux de nos compatriotes assassines, retrouvés dans les ordures sont révoltantes et répugnantes. Ces images dévorées par des porcs dans les décharges choquent l’opinion publique locale et internationale. Les politiciens qui fournissent des armes au feu aux chefs de gangs des bidonvilles pour exploiter leur fragilité, doivent avoir honte de leurs actes répréhensibles. Ces dirigeants politiques constitués en mafia locale qui acceptent des sommes considérables de certains secteurs de la société doivent payer les conséquences de leurs actes indécents. Ils se complotent avec la bourgeoisie pour créer des troubles dans le pays de façon à atteindre leurs ambitions politiques.

Parmi les 255 organisations politiques enregistrées au ministère de la justice, il en existe très peu qui ont une représentation nationale.

Ils sont pour la plupart des chefs de gangs, des trafiquants, de bandits à cravate qui n’ont aucune vision ni de projet de société pour améliorer les conditions socio-économiques du peuple.

On doit souligner que les politiciens utilisant les services des chefs de gangs pour accaparer le pouvoir connaîtront les mêmes sorts lorsqu’ils occuperont les rênes du pouvoir.

Quelles que soient les circonstances, ce sont les gens de la masse défavorisée qui subiront les conséquences des grèves intempestives, des manifestations avec violence, des pillages, des incendies, du saccage des commerces et des pneus enflammés. L’instabilité politique entraîne une incidence majeure sur la monnaie nationale qui se déprécie et l’économie est ralentie à chaque bouleversement. Les produits de première nécessité se font rares et les prix des biens de consommation deviennent exorbitants.

Après le saccage ou le pillage des commerces de la place, les gens d’affaires se feront rembourser de leurs pertes par les compagnies d’assurance. Ils auront à importer les biens qu’ils revendront à un prix très élevé. De la, ils deviennent beaucoup plus riches et les pauvres deviendront plus pauvres. Les familles éprouveront des difficultés à nourrir leurs enfants, le taux de chômage s’accentuera de manière vertigineuse. Les fonctionnaires, les travailleurs de la santé, les éducateurs et les officiers de police ne recevront plus leur salaire à temps. L’inflation augmentera et les mesures cosmétiques pour soulager la misère des gens des quartiers populaires seront éphémères.

Pendant ce temps, on attendra le transfert de fonds de la diaspora pour apaiser la souffrance des familles nécessiteuses. Le gouvernement sollicitera l’assistante de la communauté internationale pour les aider à adopter des politiques susceptibles d’améliorer les conditions socio-économiques de la population haïtienne.

Nos ancêtres espéraient nous léguer une terre de liberté, de solidarité et de partage. Cependant, le père fondateur de la nation est assassiné parce qu’il osait penser aux plus démunis. On se revendique de la doctrine de Dessalines, mais il n’a jamais eu de funérailles officielles. C’est triste de constater que son combat est mal compris par nos politiciens démagogues assoiffés de sang de nos compatriotes.

Jean-Marie Mondésir

Juriste haïtien

Citoyen de Dumont|Port-Salut

http://Magazine.port-salut.org

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s