LE DUVALIERISME SE RENAÎTRA-T-IL POUR LES ÉLECTIONS DE 2022?

Par : Jean-Marie Mondésir

Selon les prédictions de certains observateurs de l’actualité politique haïtienne, le fils de Jean-Claude Duvalier et de Michelle Bennett pourrait donner du fil à retordre aux organisations démocratiques et populaires au cours des élections présidentielles de 2022. Si la division persiste dans les rangs des partisans de ces formations et leurs dirigeants continuent de perturber les activités économiques du pays; ils risquent d’être sanctionnés par le peuple au moment des élections. S’ils ne proposent pas de solutions crédibles et continuent de faire des manifestations avec violences pour empêcher les touristes de rentrer afin de dépenser leur argent, ils subiront les conséquences de leurs actions au cours de la période électorale. S’ils persistent à critiquer les autorités publiques et à les empêcher de collecter des taxes et des impôts pour offrir des services de base à la population; il y a fort à parier que les élections présidentielles vont laisser un goût amer pour ces structures politiques sans représentation régionale et départementale.

En 2016, les organisations qui se croyaient populaires invoquaient le coup d’état électoral pour justifier leur faible résultat électoral. Quelle serait la justification de leur échec lorsque les Duvalieristes remporteront la victoire en 2022?

Durant les années 90 plusieurs fils nostalgiques du régime des Duvalier étaient convertis au mouvement Lavalas afin de protéger leurs parents issus du Duvalierisme. Pendant ce temps, l’ancien président Jean-Bertrand Aristide nourrissait une haine viscérale contre les partisans de la dictature. Il attisait la division entre la minorité bourgeoise qui contrôle les 90% de la richesse nationale et les gens défavorisés des quartiers populaires. Il haranguait la foule avec des discours stériles et hystériques tout en pratiquant une discrimination contre les partisans du régime dictatorial et répressif. Qui pis est, la constitution qui est la loi fondamentale établissant les règles de fonctionnement des institutions régularise la discrimination envers les Duvalieristes. On n’oublie pas l’article 291 de la loi-mère qui excluait une bonne partie de la population à la participation politique de son pays.

Cet ancien prêtre catholique de l’église de Saint-Bosco avait la légitimité nécessaire pour mettre le pays sur les rails de la démocratie et du progrès. Sa haine pour le regime des Duvalier lui avait valu un coup d’état sanglant après sept mois de gouvernance populiste.

On doit reconnaître que le régime Lavalas a reproduit les mêmes actions qu’on reprochait aux deux régimes des Duvalier père et fils. Sous la dictature, les opposants du régime étaient persécutés, emprisonnés, matraqués et assassinés. Les plus chanceux étaient exilés en terre étrangère. Jean-Claude Duvalier détournait, dilapidait et gaspillait les dons et les aides reçues de la communauté internationale. Les partisans du mouvement Lavalas en font autant sans compter le trafic des stupéfiants et de blanchiment d’argent sale provenant du trafic de cocaine. Des journalistes se font assassinés et les opposants sont persécutés et harcelés par les sbires du mouvement lavalas dirigé par l’ancien président Jean-Bertrand Aristide.

Si les organisations politiques refusent de se renouveler pour offrir une alternative sérieuse au régime actuel, il y a de très forte chance que les Duvalieristes auront la voix au chapitre en 2022. On doit se rappeler que les partisans de la doctrine Duvalieriste étaient plus ou moins nationalistes. Les anciens de la dictature seront prêts à appuyer un candidat jeune et bien articulé qui pourrait redonner l’espoir aux gens défavorisés des quartiers populaires désabusés par les promesses farfelues des politiques traditionnelles.

On peut toujours critiquer Nicolas Duvalier pour avoir son père et grand père dictateur. Il est né sur un régime dictatorial et il a été élevé en France à la chute de son père comme président à vie. Depuis le renversement de cette dictature, le sort du pays ne s’est pas amélioré et la pauvreté s’accentue dans les bidonvilles et les autorités publiques sont incapables de trouver des solutions durables pour stopper l’hémorragie d’un état failli.

Cependant, Nicolas Francois Duvalier, jeune et fourgeux pourrait bien offrir une alternative aux vieux dirigeants politiques qui pratiquent la corruption dans toutes les sphères de l’administration publique du pays. Il pourrait mieux vendre l’image d’une Haïti prospère.

À suivre …

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1 commentaire

  1. https://youtu.be/VT0k8nZkdCk
Nicholas Duvalier est le petit fils du Docteur Francois Duvalier, l’homme politique qui a marqué l’histoire d’Haiti du vingtième siècle. Il a dirigé ce pays avec une main de fer en instaurant un corps de miliciens qui a semé la terreur durant son règne. Avant sa mort, il a légué son pouvoir à son fils Jean-Claude Duvalier qui avait à l’époque une vingtaine d’années. Ce pays a connu une dictature féroce et sanguinaire pendant plus d’une trente d’années. Nicholas Duvalier saura-t-il se défaire de l’héritage familial?
On reproche au régime des Duvalier père et fils de violation des droits humains, de détournement de fonds, de l’emprisonnement arbitraire des opposants politiques. Le peuple a renversé la dictature des Duvalier le 7 février 1986 et le général Henry Namphy a décrété bamboche démocratique. Au lieu de mettre le pays sur les rails du progrès et du développement on a pu constater le déclin socio-économique des citoyens et les institutions sont en faillite. En 1990, le peuple a élu de manière démocratique un régime ayant à sa tête Jean Bertrand Aristide, père-fondateur du mouvement Lavalas. On croyait qu’il apporterait le changement pour la classe défavorisée du fait que son mouvement prônait justice, transparence et démocratie. Après 7 mois de gouvernance populiste, il a été évincé du pouvoir par les militaires des forces armées d’Haiti. L’élection de l’ancien prêtre de Saint Jean Bosco faisait miroiter beaucoup de rêves à la population pauvre des bidonvilles qui espérait une nette amélioration de ses conditions de vie. Avec le président Aristide au pouvoir l’espoir d’une Haïti nouvelle, solidaire et progressiste s’est vite envolé. Le mouvement Lavalas a reproduit les mêmes erreurs reprochées à la dictature des Duvalier. Détournement de fonds publics, violations des droits humains, emprisonnement des opposants politiques, assassinés ciblés, luttes d’influence, l’autoritarisme constituent autant de facteurs générateurs des difficultés actuelles du pays.
De nos jours, plus de 300 organisations politiques sont enregistrées au ministère de la justice. Elles n’ont aucun programme ni projet de société chiffré qui puisse répondre aux problèmes structurels de ce pays. Les pseudos-démocrates n’inspirent pas confiance et le peuple est désabusé par les acteurs politiques sans convictions idéologiques. Face à ce constat alarmant, le petit fils de Duvalier commence à faire son apparition afin de mieux préparer le terrain pour les élections de 2022. Si les acteurs du secteur soi-disant démocratique se confinent à opposer au régime de Jovenel Moïse en multipliant les manifestations avec violence pour l’inciter à démissionner, sans se préparer pour reprendre le pouvoir en 2022; il y a de très forte chance que le Duvalierisme retourne au pouvoir lors des prochaines élections.
Nicolas Duvalier est jeune, dynamique et il soigne son image. Il est bien articulé et maîtrise bien son discours politique. Il est impliqué dans des activités caritatives et l’élite bourgeoise pourrait lui faire confiance. Il se pourrait bien qu’il donne du fil à retordre aux mercenaires de la politique qui utilisent les revendications des gens défavorisés pour se faire une légitimité populaire.
Nicolas Duvalier pourrait attirer les jeunes désabusés de la politique rétrograde et les vieux nostalgiques du régime dictatorial de son père pour se faufiler entre les jambes des pseudos démocrates qui n’ont aucune représentation régionale et nationale.
L’histoire pourra nous donner raison si les dirigeants politiques se plaisent à critiquer la gouvernance catastrophique du régime de Jovenel Moïse sans proposer des solutions valables et durables pour changer les conditions de vie misérables de la population. Le pays n’est pas gouverné, l’insécurité bat son plein , la pauvreté devient endémique, la corruption s’érige en culture et l’Etat est quasi inexistant. Les patriotes nationalistes doivent se réveiller pour dire leur mot; sinon, on risque de ne plus avoir de pays souverain avec ses incompétents qui règnent en maître et seigneur pendant que le peuple crève de faim.

    Jean-Marie Mondésir

    Juriste haïtien

    Éditeur de Port-Salut Magazine

    Magazine.port-salut.org

    Magazine.port-salut.net
https://youtu.be/VT0k8nZkdCk


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