L’ONCLE SAM A PARLÉ…

Par: Me Maurice Célestin-Noel

REQUIEM ET LIBERA POUR LES MORTS …

Les remerciements viennent toujours après les services

En effet, les remerciements viennent toujours après les services. Le Président Jovenel MOISE l’a prouvé. Son calme, son silence, son assurance, son indifférence vis à vis de la situation qui semblait être très préoccupante, laissaient comprendre qu’en quelque part, une « force obscure » veillait sur lui. Étaient-ce les saints et les loas dont les services étaient sollicités lors de sa compagne électorale, ce qui peut être visionné dans une vidéo largement distribuée sur le net? Etait-ce la promesse de bénédiction, de protection de la communauté internationale ou les deux? Cela en a tout à fait l’air.

Mais ce dont on doit se souvenir c’est que les murs ont des oreilles. Les plus secrètes conversations sont sujettes à l’indiscrétion. Les oreilles et les yeux intrus ont vu et entendu tandis que les langues pendantes ont annoncé que monsieur MOISE attendait le mot de la communauté internationale, par l’organe de l’oncle SAM, pour se prononcer sur la situation qui n’a que trop duré, qui a fait trop de dégâts, trop de victimes et trop de morts. Hier, enfin, le moment était venu.

Fier, hautain, rassuré, arrogant même, disent certains, le chef de l’État a porté le toast sur un ton ferme et déterminé, assuré qu’il était de l’appui multidimentionnel du puissant voisin, qui, à bien considérer, a mis du temps à honorer sa dette pour services rendus.

Le moment, tardait à venir mais finalement, il est arrivé: requiem et libera pour les morts, pour les dernières victimes surtout qui n’ont pas su suivre le cours des événements. Leur manque de lucidité, de clairvoyance les à conduits à la tombe. Cela rappelle la matinée du 7 février 86, au départ de Jean Claude DUVALIER, au cours de laquelle plusieurs pauvres miliciens se laissaient surprendre au poste tandisqu’ils montaient la garde parce que non informés du départ de la famille présidentielle qualifiée de traitresse, d’ingrate et de tous les maux. L’opposition haïtienne, enfin les instigateurs des derniers évènements, se laisseront-ils s’attribuer une pareille réputation? Accepteront-ils de passer à l’histoire comme de vulgaires opportunistes ayant utilisé ces misérables frères comme chair à canon ou auront-ils la décence de les inviter à battre en retraite, à rentrer chez eux.

Les jeux sont faits. Tout est clair. À haute et intelligible voix, monsieur MOISE a remercié ses protecteurs et a annoncé les mesures à prendre contre les fauteurs de troubles. Toutes les conditions étaient réunies. Jovenel MOISE aurait dû partir. Mais la réalité veut qu’il ne partira pas. ONCLE SAM a dit non. Non c’est non. Le Premier Ministre non plus ne partira pas. L’américain, comme répétait souvent feu Charles BEAULIEU ( BOUBOULE ), est un peuple moral. Il respecte les voeux de la constitution. La constitution haïtienne veut qu’il y ait un Premier Ministre à la tête du gouvernement et indique dans quelles conditions il doit être démis de ses fonctions. La communauté internationale et le GRAND voisin estiment que Me Jean Henri CEANT n’a rien fait de mal. Au contraire, il a ramené le calme dans le pays à un moment où un chambardement général était prévu. On ne peut pas lui demander de démissionner sous simple présomption de trahison alors qu’il se comporte en collaborateur loyal et laborieux.

Étant à cette phase de la situation, Jovenel MOISE doit se dire que la chance ne sourit pas à répétition. Il doit se souvenir que cela fait la deuxieme fois qu’il a bénéficié de l’opération « MOISE SAUVÉ DES EAUX ». Rien ne dit qu’à une prochaine occasion les sauveteurs viendront à son secours. Il doit se mettre à lire « LES AVENTURES DE TELEMAQUE » et se resoudre à mépriser les flatteurs qui le tiennent loin des autres, question d’être toujours en possession de la part du lion. Que la peur de perdre le pouvoir cesse d’être chez lui une obsession.

Me Jean Henri CEANT, de son côté, doit continuer à garder son calme et sa lauyoté. Démissionner reviendrait à admettre tacitement qu’on est coupable de quelque chose. On n’arrête pas de servir son pays pour n’importe quelle pécadille.

Enfin vous deux, Jovenel MOISE et Jean Henri CEANT, rappelez vous que vous êtes tous deux issus de la majorité nationale et que le destin vous a choisis pour servir ces pauvres soeurs et frères trop longtemps oubliés, abandonnés dans une misère abjecte.

Me Maurice CELESTIN-NOEL LECHAPEAUTEUR

rmaurice.celestin@gmail.com

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