PENSONS AU DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE DE LA CÔTE SUD-OUEST…

La côte sud-ouest possède beaucoup de ressources susceptible de favoriser son développement socioéconomique. Cependant, il lui faut une structure organisationnelle regroupant tous les élus des collectivités locales pour assurer la défense des intérêts économiques de cette région. Ce faisant, cette structure exercera la pression sur le gouvernement central de manière à ce qu’il se préoccupe de leurs besoins en matière d’infrastructure de base. Autrement, les collectivités de cette région demeureront sous-développées et leurs ressources inexploitées engendreront la pauvreté et l’exode rural. Les jeunes continueront de quitter leur patelin pour se refugier dans les grands centres urbains à la recherche d’un lendemain meilleur.

Par : Jean-Marie Mondésir
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On doit reconnaître qu’on vit dans un monde globalisé et la technologie permet à des milliers de gens de se connecter à distance pour réaliser des projets de développement. On n’est plus isolé les uns des autres comme autrefois. Avec un appareil de téléphonie mobile chacun se connecte sur les médias sociaux pour s’informer, échanger des idées, partager des connaissances et apprendre beaucoup de choses  gratuitement. Les communautés rurales doivent approprier les réseaux sociaux pour faire entendre leur voix. Les citoyens doivent investir l’autoroute de l’information (Internet) pour permettre aux autorités publiques de mieux comprendre les enjeux des collectivités. On doit aussi encourager la  diaspora à participer et à contribuer au développement des collectivités rurales.

Dans le cadre d’une analyse sur la gouvernance territoriale, il nous est venu à l’idée de regarder les potentialités économiques de la côte sud-ouest à partir d’une approche multi-secteurs. Lorsqu’on parle d’approche multi-secteurs cela sous-entend une méthode de gouvernance où l’État ne serait pas le seul à intervenir pour offrir des services aux citoyens. Dans cette approche, l’État travaille en concertation avec les acteurs concernés au développement et il jouera un rôle de coordination dans la mise en oeuvre des politiques publiques.

Dans cette approche de gouvernance, les élus locaux travaillent en partenariat avec le secteur privé, la société civile, la diaspora, les ONG et les associations locales pour offrir de services de proximité aux citoyens se trouvant sur leur territoire.
Tenant compte des potentialités économiques de cette région, il y a lieu de créer une structure universitaire pour former les jeunes dans les domaines suivants : gestion, entrepreneuriat, soins de santé, éducation, environnement et technologie.

La côte sud-ouest se situe dans le département du sud (Les Cayes); elle est constituée des communes de Port-Salut, Roche-à bateau, Port-à Piment, Damassin, Coteaux, Chardonnières, Les Anglais, la Cahouane et Tiburon. On peut compter à peu près 10 collectivités locales dans cette région qui ont des ressources sous-évaluées ou méconnues par les autorités publiques. Cette méconnaissance des ressources disponibles est la résultante d’un gouvernement central qui ne tient pas compte des spécificités de chaque commune. De plus, il n’existe pas de politique publique efficace visant la décentralisation des collectivités territoriales. Le partage de pouvoir entre les collectivités et le gouvernement central dans les secteurs : éducation, santé et environnement n’est pas toujours efficace à cause des moyens financiers très limités.

Le manque flagrant d’infrastructure de base et de moyens de communication dans les zones rurales constituent autant d’éléments qui favorisent la pauvreté des collectivités locales. Les élus locaux ne sont pas en mesure de percevoir des taxes ni d’impôts locatifs susceptible de les aider à fournir des services publics de base. Ils comptent beaucoup sur la maigre subvention des autorités du ministère de tutelle qui absorbe les salaires des membres du conseil communal, un secrétariat et un comptable jouant le rôle du directeur de l’administration municipale. Il en est de même pour les sections communales dirigées par des conseillers de la section Casecs et des Asecs. Chaque entité territoriale reçoit une maigre subvention de ce ministère pour les frais de fonctionnement qui est insuffisant pour répondre aux besoins des collectivités.

Il est important de noter que les collectivités locales de la côte sud-ouest partagent le même littoral  qui pourrait bien faciliter le commerce intercommunal. Le transport maritime serait un secteur porteur pour ces collectivités, car cela encouragerait non seulement l’industrie du tourisme et la pêche, mais aussi ce moyen de transport contribuerait à la protection de l’environnement et à la reduction des effets néfastes de la pollution atmosphérique sur la santé de la population de cette région.

Il n’est pas nécessaire d’être un spécialiste en sciences du développement ou en économie rurale pour comprendre que la région du sud-ouest regorge des ressources qui représentent un potentiel économique considérable pour le département du sud. De Port-Salut à Tiburon, ces collectivités possèdent d’énormes ressources qui demeurent inexploitées. Elles ont en commun la mer qui fournit des poissons et d’autres fruits de mer pour la consommation locale. Un encadrement dans ce secteur pourrait aider à augmenter les activités économiques des pécheurs. Ils pourront vivre de leur prise en mer et exporter le surplus de leur produits à l’extérieur pour créer la richesse.


Il y a beaucoup d’investissements privés dans les établissements hoteliers qui exploitent les nombreuses plages et des sites touristiques de la côte sud-ouest. À Port-Salut par exemple, on constate qu’il n’y a pas de cohésion entre les propriétaires des établissements hôteliers pour constituer une association d’entrepreneurs permettant d’offrir des services adéquats aux touristes et aux vacanciers. L’absence d’une structure organisationnelle assurant la promotion de ces établissements sur l’autoroute de l’information crée un obstacle majeur à la croissance de cette industrie dans la région. Ce fait empêche aussi l’industrie du tourisme de se développer pour attirer des investisseurs étrangers de manière à créer la richesse sur la côte sud-ouest d’Haiti. Il existe aussi d’autres ressources qui sont méconnues par les autorités dans les zones rurales.

Dans ces collectivités, il y a plusieurs écoles secondaires qui forment des jeunes. Chaque année, plusieurs jeunes terminent leur cycle secondaire. Ils sont obligés de quitter leur patelin pour se rendre aux Cayes ou à Port-au-Prince afin d’apprendre un métier ou une profession. Faute d’une structure universitaire pouvant les accueillir sur place en les offrant des cours adaptés susceptible de  répondre aux besoins de leur milieu de vie, ils partent vers les grands centres urbains pour parfaire leur éducation. Lorsqu’ils complètent leur formation professionnelle ou universitaire et ils ne souhaitent pas retourner dans leur communauté à cause d’un manque de structure d’accueil et d’encadrement. Cette situation alarmante a engendré une perte constante des ressources humaines qui seraient utiles au développement des collectivités locales de cette région.

Il est important que les élus de la côte sud-ouest se mobilisent pour trouver des solutions durables à un ensemble de problématiques qui tendent à porter préjudice à au développement des collectivités locales de la région. Ils doivent chercher à se concerter pour constituer une force politique susceptible de défendre leurs intérêts auprès des autorités centrales aux Cays et à Port-au-Prince. Les élus doivent adopter un modèle de gouvernance multi-secteurs en établissant des partenariats avec le secteur privé, la société civile, la diaspora, les ONG et les associations locales. Ils doivent chercher à créer une université dans cette région qui vise à répondre aux besoins de formation des jeunes dans les domaines : gestion, entrepreneuriat, soins de santé, éducation, environnement et technologie.

C’est dans ce contexte, on avait proposé la création d’une société de développement réussissant les citoyens de la côte sud-ouest résidant à l’étranger afin d’assister les élus et de contribuer à leur formation pour mieux favoriser le développement de la région. C’est bien dommage que ce ne soit pas tout le monde qui envisage de développer sa communauté en pensant globalement et en agissant localement.

Jean-Marie Mondésir
Juriste haïtien | Spécialiste en droit civil
Maître en sciences de développement
Président de société de juristes
Éditeur de Port-Salut Magazine
Radio Diaspora Port-Salut, DPS 105,1 FM stéréo
Radio Dumont Inter, RDI 103.5 FM stéréo

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