NOTRE PAYS SUBIT LES CONSÉQUENCES DE L‘IRRESPONSABILITÉ DE NOS DIRIGEANTS …

On n’oubliera jamais lorsque l’ancien président Jean-Bertrand Aristide demandait aux Nations Unies d’imposer un embargo économique sur son pays le 8 octobre 1991. Son but consistait à forcer les militaires de lui restituer le pouvoir présidentiel. On se rappelle qu’il a été élu de manière démocratique le 16 décembre 1990 et il a été investi le 7 février 1991. Après sept mois de gouvernance d’un pouvoir populiste, il a été démis de ses fonctions par les militaires. Le pays a compté des morts dans les rangs de ses partisans et les sympathisants de son mouvement Lavalas étaient emprisonnés et réprimés par les groupes paramilitaires.

Il savait que le président de la République voisine (Santo Domingo) n’allait pas respecter cet embargo. Le président Dominicain de l’époque permettait aux officiers militaires de faire leurs emplettes sans en être inquiétés afin de résister contre la mesure économique exigée par le mandateur du peuple. Ce blocus commercial a permis de detruire la production agricole et de délocaliser les industries de sous-traitance. La diaspora ne pouvait pas effectuer de transfert au-delà de 50 dollars par mois pour ses membres de famille.

Après 3 ans 8 mois d’un bloc commercial qui a détruit l’organisation structurelle et les conditions socio-économiques et politiques de notre cher pays; il est important de noter qu’on en train de subir les conséquences néfastes de l’irresponsabilité de nos dirigeants politiques.

Après 28 ans de la demande de l’ancien président Aristide qui a causé beaucoup de dommages à l’économie, les conditions de vie des gens des quartiers populaires sont devenus déplorables et misérables. Sans compter les multiples catastrophes naturelles qui ont fragilisé la géographie spatiale et la production agricole constituant la base essentielle de l’économie du pays.

Sur toutes les lèvres dans les médias, les manifestations des gens des bidonvilles exigent de changer le système qui tient le peuple dans la crasse et la pauvreté.

Cependant, on constate que les acteurs de l’opposition démocratique constituant l’opposition institutionnelle qui auraient pu enclencher le processus de changement du système ne le faisait pas en 2004 ni penser de le faire aujourd’hui. On doit savoir que la constitution haïtienne de 1987 amendée en 2011 constitue la pierre d’achoppement qui empêche le pays de se développer dans le souci d‘améliorer les conditions de vie des plus démunis de la société.

Pour pouvoir changer le système établi par l’élite économique, il est fondamental d’amender la constitution. Cette dernière a été conçue dans l’euphorie populaire à la suite du renversement de la dictature des Duvalier sans penser aux contraintes économiques et financières qu’elle impose à la société. Tout d’abord, elle est confuse, inadaptée, complexe discriminatoire et truffée de préjugés. Elle a été élaborée par des imbéciles qui ne connaissaient rien du droit constitutionnel et le rôle d’une loi fondamentale dans une société meurtrie par les luttes fratricides pour l’exercice du pouvoir. Cette loi-mère a préconisé un ensemble d’institutions qui ne correspondent pas aux valeurs traditionnelles des citoyens haïtiens. Elle n’a pas tenu compte des capacités financières et économiques du pays. Son d’amendement en 2011 a été le vecteur qui institutionnalise la corruption entre le pouvoir exécutif et celui de législatif.

Changer le système doit se faire à la base c’est à dire en modifiant la constitution qui établit la structure organisationnelle et le fonctionnement de notre société.

Les parlementaires avaient le pouvoir de proposer des changements significatifs s’ils souhaitaient réellement améliorer les conditions de vie des plus défavorisés de la société. Ils pratiquent la corruption en exerçant des contraintes sur le gouvernement de manière à obtenir des avantages. On est le seul à pouvoir souligner dans nos écrits que la majorité présidentielle dans les deux chambres est virtuelle.

Pour faire voter une loi, il est impératif que l’exécutif les soudoie des avantages avant d’exercer leurs fonctions pour lesquelles ils sont gracieusement bien rémunérés. Tous leurs frais de fonctionnement sont payés par les maigres ressources de l’Etat. Malgré tout, ils n’ont fourni aucun résultat tangible et significatif.

L’honorable député Jerry Tardieu dirigeait une commission à la chambre basse qui était chargée de conduire une enquête auprès de toutes les instances du pays en vue de proposer certaines modifications de la constitution. Son rapport soumis à la conférence des présidents n’a jamais été présenté à l’assemblée des députés pour discussion par pure égoïste de ses collègues qui ne voulaient pas lui accorder le crédit de réaliser quelque chose pour la nation.

De nos jours, les sénateurs qui sont à la fin de leur mandat se présentent comme l’opposition institutionnelle. Ils cherchent à récupérer les revendications légitimes de la masse populaire pour se donner une certaine crédibilité. On sait pertinemment qu’ils reçoivent de l’argent du secteur mafia de l’élite économique pour réorienter les mobilisations populaires afin de satisfaire les ambitions de leur patron.

Dans les mobilisations populaires, les citoyens exigent et réclament le changement du système, mais les acteurs formant l’opposition au régime de Jovenel Moïse veulent remplacer le président de la formation politique PHTK par la transition pour s’enrichir davantage avec leurs acolytes corrompus et sans scrupules.

Dans toutes les stations de radio, on parle de changer le système, mais personne n’a pris le temps de définir c’est quoi le système et mieux comprendre sa façon de fonctionner. Tout simplement, les acteurs de l’opposition incitent le peuple affamé à maintenir la pression pour contraindre le président Jovenel Moïse de se démettre de la fonction présidentielle. Ils exercent la pression pour que les pauvres des bidonvilles acceptent de bloquer les rues, de faire le saccage et le pillage des biens d’autrui, d’incendier et de voler les petits commerçants qui vivent dans des conditions difficiles pour faire marcher l’économie et nourrir les membres de leur famille.

Les acteurs politiques (parasites de l’opposition y compris Jovenel Moïse) n’ont pas d’état d’âme, ils veulent à tout prix remplacer le président et maintenir le statuquo dans les meilleurs intérêts de leur patron qui finance les troubles sociaux à travers le pays. En vérité, le président ne contrôle rien et tous les secteurs de la société exigent sa tête. Qu’il démissionne pour le bien du pays.

D’ailleurs, certains acteurs de l’opposition sont des citoyens de passage en Haïti, leurs enfants sont à l’étranger et fréquentent les meilleures écoles occidentales. Ils empêchent le peuple d’envoyer ses enfants à l’école de manière pour qu’ils rêvent de meilleures conditions socio-économiques pour leur parent. Ils les incitent à paralyser les activités économiques pour empêcher les citoyens de vaquer à leurs occupations professionnelles et habituelles.

Qui plus est, ils refusent de s’asseoir ensemble pour trouver une issue à cette crise politique qui pourrait engendrer une crise humanitaire sans précédent. Il est bruit que certains produits commencent à être rare sur le marché. La rareté de certains produits essentiels, tels que : eau potable, gaz, farine, pain, riz et les prix des produits de première nécessité sont augmentés et les fonctionnaires risquent de ne pas recevoir leur salaire pour plusieurs mois si la crise persiste.

On doit être conscient que les acteurs politiques cherchent à détruire notre pays.Jovenel est un élément du système et les parlementaires sont aussi responsables de la gravité de la situation actuelle. Les organisations politiques n’ont aucun crédit sur le terrain, le peuple ne les fait pas confiance. Elles n’ont aucun projet de société ni de convictions idéologiques et elles sont constituées des incompétents et des imbéciles qui veulent s’enrichir au détriment des gens défavorisés du pays. Il est temps de les démasquer, car elles n’offrent aucune alternative sérieuse à la population désabusée et dégoûtée des politiciens sans vergogne. Ils souhaitent la transition pour partager le peu de ressources qui reste de cette crise.

Pour remédier à cette désastreuse situation, il nous faut une prise de conscience nationale pour que les acteurs politiques puissent s’asseoir ensemble au -delà de leur égoïsme sans fin pour trouver une issue négociée dans l’intérêt supérieur de la nation. Les gens du peuple ne peuvent plus se tenir dans des conditions socio-économiques infra humaines et misérables. La nation est en danger avec les politiciens sans scrupules ni état d’âme pour les pauvres des quartiers difficiles.

Jean-Marie Mondésir

Juriste haïtien

Citoyen engagé de Dumont

Éditeur de Port-Salut Magazine

Magazine.port-salut.org

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